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Après Thônes-Etel , par la Loire à Vélo, en 2021 ; Dunkerque-Quimper par le Littoral en 2022, c’est vers Compostelle que je me dirige en 2024.
Je choisis de prendre la voie du Puy : La VIA PODIENSIS, la voie historique du chemin de Compostelle et aussi, celle la mieux « équipée » du point de vue des hébergements. J’aurais pu partir de Thônes en vélo pour gagner le Puy en Velay mais je me sentais un peu fatiguée du périple Annecy-Paris, fait avec le CODEP fin mai début juin.
Le samedi 8 juin, je pars donc d’Annecy par le train, direction Saint Etienne via Lyon. Puis ce sera un bus qui me mènera jusqu’au Puy en Velay. Tout ce voyage s’est très bien passé. J’arrive en milieu d’après- midi au Puy, ce qui me permettra de visiter et de m’imprégner de cette charmante bourgade historique et très attachante.
Mon hébergement » les Amis de Saint Jacques « se trouve en haute -ville de la cité, juste à côté de la cathédrale Notre Dame Du Puy. Je commence déjà à me détester d’avoir autant chargé mes sacoches. Une dame très sympathique m’aide à pousser Ar Zénith, sur les pavés et dans la forte pente afin de me permettre d’arriver pas trop fatiguée au Gîte où l’accueil est simple et très chaleureux. Et ce sera ainsi tout au long de mon parcours.
9 juin 2024 : LE PUY EN VELAY-SAUGUES : 46 km .1050m D+
Après une bonne nuit, j’assiste, à la cathédrale, à la messe des pèlerins qui a lieu tous les jours à 7 h du matin. Nous sommes environ 200 personnes venus nous recueillir avant de partir sur notre chemin.
L’émotion est palpable dans l’église, surtout quand le prêtre s’adresse directement aux pèlerins, nous donne sa bénédiction, et nous montre l’escalier, qui symboliquement nous indique la voie à prendre. C’est avec beaucoup de recueillement, de joie et un peu d’appréhension que nous descendons les 134 marches de cet édifice si historique.
Et maintenant commence ton chemin.
Je traîne un peu dans le Puy en Velay avant de réellement partir. Je ne sais pas pourquoi, mais de voir tous ces pèlerins à pied, ça me donne envie d’aller à leur rythme. Un futur projet peut-être que de le parcourir comme eux, mais en attendant, je dois commencer par le faire à vélo.
La première étape devait me conduire au petit village « Le Sauvage «, mais des aléas climatiques et festifs vont m’arrêter à Saugues.
Dès la sortie du Puy, la route s’élève inexorablement et la journée sera ainsi, ponctuée de longues montées qu’il faut ensuite descendre. Je me dirige vers St Privat d’Allier puis Monistrol d’Allier, charmant petit village où je croise de nombreux pèlerins. Je m’y arrête pour la pause déjeuner.
Puis Ar- Zénith me fait passer à côté d’orgues basaltiques. Ce sont des formations géologiques, plutôt esthétiques. Elles témoignent du côté volcanique ancien de la région. Elles me rappellent également que nous sommes dans les contreforts du Massif central.
Une longue montée se profile jusqu’à Saugues , de même que de gros nuages noirs. Hum ; l’orage arrive….
Je parviens sur les hauteurs de Saugues, et m’arrête saluer la bête du Gévaudan puis je descends doucement vers la bourgade où la fête du village bat son plein. Le centre -ville est bloqué car un défilé de chars et autres bandas ont investi les rues. Finalement, je pose Ar-Zénith pour profiter aussi de cette ambiance joyeuse et chaleureuse. Puis vers 17h, je me dirige vers le camping un peu plus bas, car l’orage menace de plus en plus. Je prends l’option cabane en bois pour ma nuit car l’orage a finalement éclaté, déversant des seaux d’eau sur le camping mais j’ai eu le temps de m’installer dans ma petite cahute en dur ! Bon, seulement 46 kilomètres et 1050 de D+ pour cette première journée. Compostelle est encore très très loin……
10 juin 2024 :SAUGUES-MALBOUZON : 72 km 1100 D+
La nuit fut paisible dans ma cabane. J’ai la chance d’être une bonne dormeuse. C’est donc fraîche et reposée que je prends la route vers l’Aubrac. La température est un peu fraîche pour un 10 juin : l’orage de la veille et le relief montagneux y sont pour quelque chose, je pense. Je traverse de petits villages qui semblent perdus au milieu de nulle part : La Clauze, le Sauvage, st Alban sur Limagne. La journée sera une succession de montées, plutôt douces et de descentes qu’Ar-Zénith affrontera vaillamment. J’apprécie beaucoup de pédaler dans ce cadre champêtre et calme. Être au plus près de la nature est un de mes credo et cette étape entre la Haute-Loire et le Cantal répond tout à fait à ce souhait. Au bout de 72 kilomètres, je décide de dormir au Gîte « chez Annie » à Malbouzon en Lozère, entourée de pèlerins aussi fatigués que moi.
11 juin 2024 :MALBOUZON-ESTAINGS.56 km.400m D+.
Après une nuit paisible, je retrouve Ar-Zénith pour partir à l’assaut du plateau D’Aubrac. 7 petits degrés au matin (ressenti 2/3) dans le brouillard et dans le vent…… et oui, pas chaud sur ce plateau mais j’ai la chance d’arriver au point culminant (1340m ) sous un rayon de soleil, qui sortant du brouillard, illumine les champs et l’horizon, offrant un merveilleux panorama à mes yeux ébahis. L’Aubrac, c’est un paysage unique. Il faut imaginer à perte de vue des pâturages entrecoupés seulement par des murets de pierres sèches. Trop beau !!!!Après la descente du plateau, je me dirige vers St Côme d’Olt où je déjeune en terrasse en compagnie de joyeux pèlerins s’échangeant leurs anecdotes diverses et variées. Même si ces rencontres sont éphémères, je me délecte de ces conversations. On s’enrichit de l’expérience des autres. Ces rencontres sont l’essence même du chemin de Compostelle.
Après le déjeuner, je prends le temps de visiter St Côme : charmante bourgade moyenâgeuse, classée plus beau village de France. C’est vrai que c’est très pittoresque et cette visite m’a enchantée. Mais bon, il me faut poursuivre mon chemin, qui me conduira jusqu’à Estaing, joli village ancien, avec un pont remarquable sur le Lot et un château qui l’est tout autant. Les vieilles pierres de ce village, ses ruelles étroites lui confèrent un charme particulier. Et, après 55 km et la découverte de lieux magnifiques, je choisis de passer la nuit au Gîte communal où des pèlerins sont déjà bien installés.
12 juin 2024 : ESTAING-CONQUES.62 km 900 D+
La sortie d’Estaing fut épique. Une voie verte me fait de l’œil, d’autant que la départementale vers Conques est plutôt encombrée paraît-il. Et là, 3 km de montée à 8 % (230 m de dénivelé) vont m’assécher. Je passe Campuac et j’arrive à Golinhac vers 12h30. Je vois des pèlerins attablés en terrasse, mais je décide de poursuivre ma route. Malheureusement, une hypotension suivie d’une arythmie cardiaque m’oblige à m’arrêter un long moment dans un champ, seule, perdue au milieu de nulle part. J’avoue que ce moment a été un épisode plutôt traumatisant. Je reprends la route tranquillement, mais pas très sereinement en suivant le Lot. J’arrive doucement à Conques où j’avais réservé à l’Abbatiale. Mais la montée d’un kilomètre pour arriver au bourg de Conques a aussi été une épreuve douloureuse.
La prise en charge à l’arrivée à l’abbatiale a été chaleureuse et remplie d’humanité. Ces hospitaliers donnent de leur temps durant une ou 2 semaines par an, pour accueillir gentiment tous ces pèlerins fatigués, harassés et parfois abîmés. La soirée dans ce bel édifice où vivent encore des moines a été un moment très fort au cours de ce voyage. J’ai super bien dormi et j’ai eu l’autorisation de rester une nuit supplémentaire afin de me reposer un peu. Du coup, j’ai profité de cette journée off pour renvoyer mon matériel de camping, que finalement je n’utilisais pas puisque je dormais dans les gîtes. J’ai pris le temps de visiter ce petit village au passé si riche et si prégnant et discuter avec ces hospitaliers si enrichissants. Une belle et bonne journée de repos.
14 juin 2024 : Conques-Figeac.61km 600 D+.
Ma journée de repos m’aura été très bénéfique. Et c’est plein d’entrain que j’enfourche Ar Zénith pour la poursuite de mon parcours. La sortie de Conques se fera sans problème et je prends la direction de Figeac.
Je suis désormais dans le département du Lot. Les pierres Rouges et sombres de Conques laissent place à des pierres plus blanches. J’arrive à Figeac, ville de Champollion, le fameux déchiffreur de hiéroglyphes. La ville recèle de belles ruelles et maisons du Moyen-Âge. C’est très agréable de s’y balader.
Je fais le choix de dormir au Couvent. Mais c’était complet ! Le couple d’hospitaliers qui me reçoit, me dirige vers un Gîte à Béduer, à 5 km de là, avec une belle montée pour y arriver. L’effort est récompensé par un accueil extraordinaire. J’étais attendu par David et Marie, un couple belge, qui ont acheté ce gîte après avoir fait le chemin de Compostelle de diverses façons et ont voulu à leur tour accueillir des pèlerins pour occuper leur retraite. Là encore, l’esprit du chemin prend tout son sens.
15 juin 2024 :Figeac-Cahors :86 km 573m D+.
Aujourd’hui, incursion dans les Causses du Quercy, par la Voie du Célé (rivière qui traverse Figeac). La route du Célé a été taillée dans la roche il y a 150 ans. Cette belle petite route dominée par de hautes falaises tantôt noires et blanches, tantôt réchauffée d’ocre, longe la rivière et permet de découvrir de nombreux châteaux, églises ou villages troglodytes
Je rencontre Patrick, un randonneur stéphanois, qui a sillonné le monde avec son vélo. Nous pédalons un moment ensemble, tout en échangeant sur nos voyages respectifs. J’avoue me sentir misérable face à ce cycliste chevronné qui a parcouru le monde en long, en large et en travers et qui raconte cela avec beaucoup d’humilité. J’adore ces rencontres, qui, bien que brèves sont intenses et riches d’apprentissage.
Nous nous séparons avant la bifurcation de Saint-Cirq-Lapopie. La montée vers le village est raide (100m de dénivelé en 1 km) mais vaut le déplacement. La cité de St Cirq-Lapopie est posée sur une falaise qui domine d’une centaine de mètres les gorges du Lot. Le fort surplombe un charmant petit village dont les rues recèlent des maisons anciennes en pans de bois ou en pierre de taille. Je ne m’y attarde pas trop car je n’ai pas trouvé d’endroits pour bien sécuriser mon vélo et je crains un peu l’affluence de ces lieux touristiques.
Et puis m’attendent encore 3 km de montée, 200m de dénivelé pour atteindre le plateau de Limogne-en Quercy. Le paysage change avec une petite route peu fréquentée qui serpente au milieu des forêts de chênes, avant d’amorcer la descente douce vers Cahors, où je vais dormir chez Brigitte, la propriétaire du petit gîte : très sympathique mais encore plus bavarde que moi. Oui, oui ça existe !!!
16 juin : Cahors-Moissac.65 km-514m D+
Après la visite du pont Valentré, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, je quitte Cahors par une route pas très agréable car trop fréquentée.
J’arrive dans le Tarn et Garonne. Les paysages se transforment. Les vignes puis les arbres fruitiers seront mon horizon aujourd’hui, sous la première chaleur. Pas de difficulté majeure.
L’arrivée à Moissac se fait par de longues lignes droites, en zone commerciale. Je dépasse beaucoup de pèlerins et je me dis que marcher dans cet endroit ne doit pas être plaisant. La chaleur devient de plus en plus orageuse.
Cette nuit, je vais dormir à l’ancien carmel qui se trouve sur les hauteurs de Moissac. Ma cellule, constituée d’un lit, d’une table, d’une chaise donne sur la ville et mon panorama est exceptionnel à la tombée de la nuit.
Le dîner se passera sous le cloître, à l’ombre et au frais car la chaleur est intense. Deux grandes tablées de pèlerins animeront joyeusement ce dîner. J’ai l’impression de participer à un repas amical et de connaître les convives depuis longtemps. Les conversations vont bon train et j’apprécie beaucoup d’échanger avec ces pèlerins qui vivent chacun à leur façon leur chemin.
17 juin : Moissac – Lectoure : 58 km. 584 D+.
Je quitte Moissac en suivant le canal des 2 Mers. J’étais tellement bien sur cette voie verte, ombragée, que j’ai loupé la sortie pour aller au village d’Auvillar (petite cité historique au passé très riche) comme je l’avais prévu. Tant pis, le temps orageux me dissuade de faire demi-tour. Je continue ma route en découvrant le Gers, département que je ne connaissais pas et qui m’impressionne beaucoup par son agriculture très variée et ses paysages gentiment vallonnés. On y cultive entre autre du melon que l’on peut déguster dès le mois de juin. Petit clin d’œil au village de MONTCUQ, rendu célèbre par Daniel Prévost dans l’émission Le Petit Rapporteur.
J’arrive dans l’après- midi à Lectoure, village médiéval, juché sur un promontoire. Après avoir posé mon vélo au presbytère (magnifique bâtiment ancien) où je vais dormir ce soir, j’arpente les rues de ce village pour découvrir de belles maisons en pierres, des jardins bien entretenus, des fontaines propres, des anciens hôtels particuliers, la magnifique cathédrale gothique Saint-Gervais et le château des Comtes d’Armagnac.
Puis je regagne mon gîte où je fais la connaissance de mes 3 autres compagnons de nuit : un Espagnol qui ne parle ni anglais, ni français ; une dame hollandaise qui fait des bouts du chemin entre ses séances de chimio ; et un jeune pèlerin français qui souffre de grosse douleurs aux tibias (il marche entre 35 et 50 km par jour !). Les hospitalières sont deux dames d’un âge certain, qui se sont connues sur le chemin et sont devenues amies. La table du dîner m’a évoqué un repas entre cousins chez nos grand- mères : un moment exceptionnel que seul le chemin peut apporter ! on a bien rigolé avec les anecdotes de tout le monde et notre espagnol qui a dû faire l’effort de nous comprendre et vice-versa. Oui, un dîner qui s’inscrira dans mes bons souvenirs !
18 juin : Lectoure – Eauze : 66 km. 677 m
Étape en 2 parties : Lectoure –Condom par la route et une succession de montées et descentes, assez éprouvantes malgré tout. L’arrivée à Condom se fera par la place Saint –Pierre sur laquelle trône, devant la cathédrale, la statue en bronze des 4 mousquetaires pour rappeler aux visiteurs que nous sommes ici au pays de d’Artagnan. Cette ancienne cité épiscopale est la capitale de l’Armagnac, boisson qui assura dans le passé la prospérité de la cité, et qui aussi réchauffait les corps et pansait les plaies des pèlerins qui sublimaient leur foi grâce à quelques gorgées d’Armagnac ! Ce sont donc eux qui portèrent partout en Europe la bonne parole de l’Armagnac.
Je quitte Condom par la voie verte inaugurée en 2013, aménagée en lieu et place d’une ancienne voie de chemin de fer transformée en piste cyclable. Je vais devoir slalomer entre les branches et autres troncs tombés lors de l’orage de la nuit précédente. Le chemin, bien ombragé sous les acacias, monte d’abord régulièrement sur 2 km. J’aperçois la campagne vallonnée, ses champs de maïs et tournesol ainsi que les vignes qui produisent l’Armagnac. Ensuite, la Voie Verte descend doucement. J’arrive tranquillement à Eauze, ville ancienne fondée au début du premier siècle dont on peut encore découvrir les vestiges. Je vais dormir ce soir au gîte communal, dans le centre historique d’Eauze.
19 juin : Eauze- Arzacq- Arraziguet.78 km. 740 m D+.
Après une bonne nuit, me voici sur le départ…. En oubliant mon casque…hop, retour à la chambre et l’affaire est pliée. Je sors Ar-Zénith qui me semble réfractaire au mouvement : et oui, une crevaison du pneu avant. Je commence à démonter (enfin à enlever mes sacoches !) et je vois sur la vitrine de l’office du tourisme, une affichette d’un magasin de vélos : ventes et réparations. J’appelle et la dame me dit de venir jusqu’à l’atelier pas très loin de là. Et hop, en deux temps trois mouvements, voilà Ar-Zénith, réparé, graissé, lavé. Je crois qu’il n’a pas trop aimé la Voie Verte hier, jonchée de brindilles et autres petites épines. Mais maintenant, il est presque rutilant comme un sou neuf !
Nous prenons donc la direction d’AIRE sur Adour, en passant par Manciet, Nogaro. Rien à signaler sur ces petites routes peu fréquentées. Le tronçon n’a pas de véritable intérêt. Il comporte peu de dénivelé, et les paysages traversés n’ont rien de particulièrement intéressant à mes yeux. J’arrive vers midi à Aire sur Adour où je fais ma pause déjeuner dans un parc ombragé, très agréable.
Le paysage se transforme. Les vignobles sont remplacés peu à peu par des champs de maïs. J’aime observer le changement de région à travers tous ces signes distinctifs : la végétation, le climat, la géologie, l’architecture, l’orthographe des panneaux de villes et villages.
Et justement, après cette petite incartade dans les landes, j’arrive dans les Pyrénées Atlantiques, où l’accent et la prononciation des noms de villes me compliquent la tâche, ainsi que la météo qui semble revêtir les couleurs de la pluie. En tout cas ; le temps semble virer au mauvais……
C’est pourquoi je choisis de m’arrêter à Arzacq-Arraziguet. Le village est charmant, et l’accueil à l’office de tourisme tout aussi chaleureux. L’employée me recommande le gîte communal, qui est aussi un centre de vacances. C’est un peu grand. Je préfère les gîtes plus petits, car plus intimes.
Effectivement, les pèlerins sont nombreux à y faire étape. Le dîner se passe pourtant joyeusement, grâce surtout à Jacqueline, la cuisinière qui, avec son franc-parler, son accent à couper au couteau et sa bonne humeur contagieuse a déridé même les plus réservés.
20 juin : Arzacq-Lagor : 56 km. 667m de D+
La pluie a fini par tomber dans la soirée. Et notre réveil se fera sous la pluie. Certains pèlerins annonçaient une accalmie vers 9h, d’autres vers 10h. Bref, je me décide à mettre ma tenue de pluie pour affronter les éléments. Les pèlerins à pied mettent leur cape. C’est rigolo de les voir ainsi accoutrés : on dirait des tentes de camping qui avancent. Pour moi, pas de cape. Et malgré mon bon équipement de pluie, pas drôle de pédaler sous ces trombes d’eau. C’est surtout la non-visibilité qui devient gênante. Les lunettes sont mouillées et sans lunettes, ce n’est pas possible non plus.
J’ai réservé au gîte de Navarrenx. Mais la pluie m’a malmenée pour me diriger dans la bonne direction, mon GPS m’a envoyé dans la Pampa : bref journée galère et du coup, vers 17/18 h, je décide de m’arrêter dans un patelin où la boulangère m’indique la maison d’une dame qui loue des chambres.
Finalement, cette journée galère sur la route se terminera de façon originale. La maison de ma logeuse (une ancienne maison de maître) est en travaux mais elle acceptera, malgré tout, de m’accueillir, dans ces conditions. Nous dînerons toutes les 2 sur un coin de table. Mais cela incite à la confidence……
Et oui, la nuit fut très bonne dans une grande chambre bourgeoise. Les bruits du bois qui craque ne m’ont pas trop dérangée. Et le soleil apparaît aux lueurs du jour.
21 juin : Lagor- Aren : 26 km.335 m D+.
Visite à mes amis Béa et Philippe. Béa est venue à ma rencontre, mais on a mis du temps à se rejoindre, à cause des directions mal-indiquées, et tous ces noms béarnais que j’ai du mal à prononcer, à visualiser et à enregistrer. Une journée de repos va me faire beaucoup de bien car je me sens un peu fatiguée de ce périple.
22 juin : Aren- Saint-Jean-Pied-de-Port : 62 km. 870mD+.
Pour clôturer mon périple, Philippe me propose d’aller jusqu’à St Jean Pied de Port en vélo (sans les sacoches !!!) afin de faire tamponner ma crédenciale car j’ai décidé la veille d’arrêter mon périple. La fatigue a pris le dessus et je crains de faire d’autres malaises en continuant. Je ne veux pas me mettre en danger. Je veux surtout que ces voyages à vélo restent du plaisir et garder le bonheur de pédaler en pleine santé. Béa et moi partons à l’assaut des routes béarnaises bien vallonnées. On descend autant que l’on monte mais la beauté du paysage me fait oublier ces efforts. Et puis, j’arrive à St-Jean-Pied de Port qui signifie la fin du parcours français de la voie du Puy.
Un moment d’émotion me submerge, comme à chaque fin de voyage. Tout à une fin. On le sait. Mais terminer ces voyages, c’est terminer une histoire, c’est tourner une page sur une aventure plaisante, enrichissante, c’est fermer une parenthèse d’un moment d’irréalité.
On dit souvent des marcheurs de Compostelle qu’ils partent randonneurs et qu’ils reviennent pèlerins. La notion spirituelle est difficile à expliquer. Mais pour ma part, je me suis rendu compte que ce n’est pas un voyage en vélo que j’ai fait en 2024 mais bien un pèlerinage. Je me sentais habitée par une force invisible mais bien là.
J’espère pouvoir continuer ce chemin, à vélo ou à pied, et terminer ce parcours à peine commencé.